Le référentiel Clé Verte évolue régulièrement pour rester aligné avec les avancées scientifiques, les évolutions réglementaires et les attentes sociétales. L'édition 2026 apporte des changements significatifs que tout établissement candidat ou déjà labellisé doit connaître. Exigences renforcées sur l'eau et l'énergie, place accrue de la biodiversité, traçabilité du gaspillage alimentaire : tour d'horizon complet des nouveautés et de leur impact sur votre démarche.
Pourquoi le référentiel évolue-t-il ?
Le référentiel Clé Verte n'est pas figé. Il est révisé en moyenne tous les 3 à 5 ans par Teragir, en concertation avec la Foundation for Environmental Education (FEE), les professionnels du tourisme et les experts environnementaux.
Cette révision régulière poursuit plusieurs objectifs :
- Intégrer les nouvelles réglementations (loi AGEC, loi Climat et Résilience, directives européennes)
- Renforcer progressivement le niveau d'exigence pour maintenir la crédibilité du label
- Répondre aux enjeux émergents (biodiversité, empreinte carbone, économie circulaire)
- Harmoniser avec le réseau international Green Key, présent dans plus de 65 pays
L'édition 2026 est l'une des mises à jour les plus substantielles de ces dernières années. Elle traduit l'accélération des politiques climatiques européennes et françaises.
Structure générale du référentiel : rappel
Avant de détailler les changements, rappelons l'architecture du référentiel. Il comprend plus de 120 critères répartis en 7 catégories :
- Politique environnementale et formation du personnel
- Information et sensibilisation des visiteurs
- Gestion des déchets
- Achats responsables
- Gestion de l'eau
- Gestion de l'énergie
- Biodiversité et cadre de vie
Chaque critère est classé :
- Impératif (I) : obligatoire, bloquant pour l'obtention du label
- Conseillé (C) : non bloquant individuellement, mais la progression est attendue chaque année
Pour un rappel complet du processus de certification, consultez notre guide complet pour obtenir la certification Clé Verte.
Les grandes tendances du référentiel 2026
Avant d'entrer dans le détail catégorie par catégorie, voici les 4 axes majeurs de l'évolution 2026.
1. Des seuils de consommation eau et énergie plus stricts
Le référentiel 2026 introduit pour la première fois des seuils quantitatifs de référence pour la consommation d'eau et d'énergie par nuitée. Il ne suffit plus de déclarer « nous faisons des efforts » : il faut désormais prouver des résultats mesurables et se situer en dessous de valeurs de référence ajustées selon le type et la taille de l'établissement.
2. La biodiversité passe au premier plan
Longtemps considérée comme la catégorie « bonus », la biodiversité gagne en poids dans le référentiel 2026. Plusieurs critères conseillés deviennent impératifs, et de nouveaux critères apparaissent autour de la préservation active de la biodiversité locale.
3. L'interdiction effective des plastiques à usage unique
La loi AGEC posait le cadre depuis 2020. Le référentiel 2026 en fait un critère impératif strict : plus aucun plastique à usage unique ne doit être présent dans l'établissement (hors exceptions médicales et réglementaires). Fini les doses individuelles de shampoing, les gobelets en plastique et les touillettes.
4. Le suivi du gaspillage alimentaire obligatoire
Pour les établissements disposant d'un service de restauration, le suivi quantifié du gaspillage alimentaire devient un critère impératif. Il ne s'agit plus seulement de mettre en place des bonnes pratiques, mais de mesurer, documenter et réduire les pertes alimentaires avec des données chiffrées.
Catégorie par catégorie : ce qui change en 2026
1. Politique environnementale et formation
Ce qui évolue :
- Nouveau critère impératif : le responsable environnement doit suivre une formation certifiante (minimum 7 heures) spécifiquement liée à la gestion environnementale en hôtellerie-tourisme. Auparavant, une sensibilisation interne suffisait.
- Renforcement : le plan d'action environnemental doit désormais inclure des objectifs chiffrés annuels (et pas seulement des intentions) sur au moins 3 indicateurs clés (eau, énergie, déchets).
- Nouveau critère conseillé : réaliser un bilan carbone simplifié de l'établissement (scope 1 et 2 minimum).
Impact pratique : Les établissements doivent investir davantage dans la formation de leur référent environnement. C'est un changement de philosophie : on passe de la sensibilisation à la professionnalisation.
2. Information et sensibilisation des visiteurs
Ce qui évolue :
- Renforcement : l'affichage des éco-gestes doit être présent dans chaque chambre et chaque espace commun (et pas seulement à l'accueil). Un support numérique est désormais accepté (QR code, application) comme alternative ou complément à l'affichage papier.
- Nouveau critère conseillé : proposer aux clients un rapport d'impact environnemental de leur séjour (empreinte carbone estimée, eau consommée, etc.).
- Précision : les informations sur les transports durables locaux (transports en commun, vélos en libre-service, bornes de recharge) doivent être actualisées au minimum deux fois par an.
Impact pratique : La communication environnementale doit devenir plus systématique et plus précise. Le simple panneau « merci de réutiliser vos serviettes » ne suffit plus.
3. Gestion des déchets
Ce qui évolue :
- Critère impératif renforcé : le tri doit désormais couvrir au minimum 5 flux (au lieu de 3 précédemment) : verre, papier/carton, emballages, biodéchets, ordures ménagères résiduelles. L'obligation de tri des biodéchets, imposée par la loi depuis le 1er janvier 2024, est désormais pleinement intégrée comme critère impératif Clé Verte.
- Nouveau critère impératif : mise en place d'une filière de collecte des biodéchets (compostage sur site ou collecte par un prestataire agréé) pour tous les établissements, y compris ceux sans restauration.
- Critère conseillé devenu impératif : suppression totale des emballages individuels pour les produits d'accueil (savons, shampoings). Les distributeurs muraux rechargeables deviennent la norme.
- Nouveau critère conseillé : mettre en place un programme de réemploi (don de mobilier, linge de fin de vie aux associations, etc.).
Impact pratique : C'est l'une des catégories qui nécessite le plus d'ajustements concrets. Les établissements qui utilisent encore des dosettes individuelles ou qui n'ont pas mis en place le tri des biodéchets devront agir rapidement.
4. Achats responsables
Ce qui évolue :
- Critère impératif renforcé : au minimum 80 % des produits d'entretien doivent porter un écolabel reconnu (EU Ecolabel, Nordic Swan, etc.), contre 50 % dans l'ancien référentiel.
- Nouveau critère impératif : pour les établissements avec restauration, au minimum 30 % des approvisionnements alimentaires doivent être issus de circuits courts (moins de 150 km), de l'agriculture biologique, ou bénéficier d'un label de qualité reconnu (AOP, IGP, Label Rouge, commerce équitable).
- Nouveau critère conseillé : intégrer des clauses environnementales dans les contrats avec les principaux fournisseurs (blanchisserie, maintenance, fournitures).
- Précision : la traçabilité des achats doit être documentée via un registre des fournisseurs mentionnant les certifications et labels de chaque produit.
Impact pratique : La politique d'achats doit devenir bien plus rigoureuse et documentée. Cela implique de renégocier certains contrats fournisseurs et de mettre en place un suivi systématique.
5. Gestion de l'eau
Ce qui évolue :
- Nouveau critère impératif : suivi mensuel de la consommation d'eau avec relevés documentés et calcul de la consommation par nuitée. L'établissement doit pouvoir justifier de sa consommation sur les 12 derniers mois.
- Seuils de référence introduits : le référentiel 2026 définit des valeurs de référence indicatives. Pour un hôtel, la consommation cible est inférieure à 300 litres par nuitée (hors piscine et spa). Les établissements dépassant significativement ces seuils devront présenter un plan de réduction.
- Critère conseillé devenu impératif : installation de mousseurs ou régulateurs de débit sur 100 % des robinets et pommes de douche (débit maximum de 8 litres par minute pour les douches, 5 litres pour les robinets).
- Nouveau critère conseillé : mise en place d'un système de récupération d'eaux grises ou d'eau de pluie pour l'arrosage et le nettoyage des extérieurs.
Impact pratique : Le suivi de consommation d'eau devient un exercice mensuel incontournable. Les établissements n'ayant pas de compteurs divisionnaires devront envisager leur installation pour un suivi précis.
6. Gestion de l'énergie
Ce qui évolue :
- Nouveau critère impératif : suivi mensuel de la consommation d'énergie avec distinction par source (électricité, gaz, fioul, bois) et calcul de la consommation par nuitée en kWh.
- Seuils de référence introduits : la consommation cible pour un hôtel est inférieure à 80 kWh par nuitée (chauffage inclus, variable selon la zone climatique). Des coefficients correcteurs sont prévus selon la localisation géographique et la présence d'équipements énergivores (piscine chauffée, spa).
- Critère impératif renforcé : 100 % de l'éclairage doit être en LED ou technologie équivalente basse consommation (contre 80 % précédemment).
- Critère conseillé devenu impératif : mise en place d'un système de coupure automatique de la climatisation et du chauffage à l'ouverture des fenêtres (pour les établissements équipés de climatisation).
- Nouveau critère conseillé : réalisation d'un audit énergétique complet par un professionnel certifié, avec plan de rénovation énergétique associé.
- Nouveau critère conseillé : engagement dans un contrat d'électricité verte garantissant l'origine renouvelable de l'énergie (garanties d'origine).
Impact pratique : L'énergie est la catégorie qui subit les changements les plus exigeants. Le passage à 100 % LED et l'installation de coupures automatiques représentent des investissements non négligeables pour certains établissements, mais avec un retour sur investissement rapide.
7. Biodiversité et cadre de vie
Ce qui évolue :
- Critère conseillé devenu impératif : zéro pesticide et herbicide chimique sur l'ensemble des espaces extérieurs de l'établissement (y compris les espaces sous-traités à un prestataire paysagiste).
- Nouveau critère impératif : réaliser un inventaire simplifié de la biodiversité présente sur le site (espèces végétales et animales remarquables) et le mettre à jour annuellement.
- Nouveau critère conseillé : installer au minimum 2 dispositifs favorisant la biodiversité (nichoirs, hôtels à insectes, haies champêtres, mares naturelles, prairies fleuries, ruches).
- Nouveau critère conseillé : dédier un espace à la végétation spontanée (zone de fauche tardive, prairie naturelle) représentant au minimum 10 % des espaces verts.
- Précision : l'utilisation de plantes invasives dans les aménagements paysagers est désormais explicitement proscrite.
Impact pratique : La biodiversité n'est plus un « nice to have ». Les établissements urbains sans espaces verts importants devront faire preuve de créativité (toitures végétalisées, murs végétaux, jardinières à plantes mellifères).
Quel impact selon le type d'établissement ?
Hôtels
Les hôtels sont les plus impactés par les nouveaux seuils de consommation eau et énergie. Les établissements disposant de piscines, spas ou blanchisserie intégrée devront porter une attention particulière aux coefficients correcteurs et investir dans des équipements économes. Le passage à 100 % LED et l'installation de coupures automatiques de climatisation constituent les postes d'investissement prioritaires.
Campings
Les campings sont particulièrement concernés par les critères de biodiversité renforcés. Le zéro pesticide sur de grandes surfaces d'espaces verts implique un changement de pratiques d'entretien significatif. En revanche, les campings disposent souvent d'un avantage naturel pour l'inventaire de biodiversité et les dispositifs d'accueil de la faune.
Restaurants
Le suivi obligatoire du gaspillage alimentaire est le changement majeur pour les restaurants. Ils devront mettre en place un système de pesée et de traçabilité des déchets alimentaires, avec un objectif de réduction documenté. Les exigences sur les achats responsables (30 % de circuits courts/bio/labels) concernent aussi directement les restaurants.
Gîtes et chambres d'hôtes
Les petits établissements bénéficient de seuils adaptés, mais ne sont pas exemptés des nouvelles exigences. Le tri des biodéchets, la suppression des emballages individuels et le suivi des consommations s'appliquent à tous. L'avantage des petites structures est leur agilité : les changements peuvent être mis en œuvre rapidement.
Comment se préparer aux nouvelles exigences ?
1. Faites votre diagnostic sur le référentiel 2026
La première étape est de mesurer votre conformité actuelle par rapport au nouveau référentiel. Ne vous basez pas sur l'ancien : un établissement conforme en 2025 peut avoir des écarts en 2026. Lancez votre diagnostic sur Pestooo avec le référentiel 2026 déjà intégré.
2. Identifiez les critères qui changent de statut
Listez les critères qui passent de conseillé à impératif. Ce sont vos priorités absolues : sans leur conformité, pas de labellisation possible. Pestooo les met en évidence automatiquement dans votre tableau de bord.
3. Planifiez les investissements nécessaires
Certaines évolutions nécessitent des investissements matériels (LED, régulateurs de débit, compteurs divisionnaires, distributeurs muraux). Établissez un budget prévisionnel et renseignez-vous sur les aides disponibles (ADEME, CEE, subventions régionales).
4. Mettez en place le suivi mensuel
Le suivi mensuel des consommations d'eau et d'énergie est désormais impératif. Si vous ne le faites pas encore, commencez immédiatement. Pestooo intègre un module de suivi avec graphiques d'évolution et alertes en cas de dépassement.
5. Formez votre équipe
Les exigences de formation se renforcent. Inscrivez votre référent environnement à une formation certifiante dès que possible. Planifiez également des sessions de sensibilisation pour l'ensemble du personnel sur les nouvelles pratiques (tri 5 flux, gaspillage alimentaire, biodiversité).
6. Préparez votre documentation
Le référentiel 2026 est plus exigeant en termes de preuves documentaires. Registre des fournisseurs, relevés de consommation mensuels, inventaire de biodiversité, pesée du gaspillage alimentaire : anticipez la mise en place de ces outils de suivi. Consultez notre checklist complète pour l'audit Clé Verte pour avoir la liste exhaustive des documents à préparer.
Calendrier et transition
Quand le nouveau référentiel entre-t-il en vigueur ?
Le référentiel 2026 s'applique à toutes les candidatures et tous les renouvellements à compter du 1er janvier 2026. Si vous êtes en cours de labellisation avec un dossier soumis avant cette date, l'ancien référentiel s'applique encore.
Existe-t-il une période de transition ?
Teragir prévoit une tolérance d'un an sur certains critères nouvellement impératifs qui nécessitent des investissements lourds (coupures automatiques de climatisation, compteurs divisionnaires). Pendant la période de transition 2026, ces critères pourront être accompagnés d'un plan de mise en conformité daté plutôt que d'une conformité immédiate.
Attention : cette tolérance ne concerne pas tous les nouveaux critères impératifs. Les exigences documentaires (suivi mensuel, registre fournisseurs, inventaire biodiversité) doivent être respectées dès 2026.
Quel impact pour les établissements déjà labellisés ?
Les établissements déjà labellisés découvriront les nouvelles exigences lors de leur renouvellement annuel. L'auditeur évaluera la conformité au nouveau référentiel et identifiera les écarts éventuels. La recommandation du jury intégrera la dynamique de progression de l'établissement.
Pestooo : déjà prêt pour 2026
Chez Pestooo, nous avons anticipé ces évolutions. Notre plateforme intègre déjà le référentiel 2026 complet avec :
- Tous les nouveaux critères (impératifs et conseillés) indexés et documentés
- Les seuils de consommation eau et énergie avec calcul automatique par nuitée
- Le module de suivi des consommations avec relevés mensuels, graphiques d'évolution et benchmarks sectoriels
- L'identification automatique des changements de statut (conseillé devenu impératif) pour les établissements déjà engagés dans la démarche
- Basile, votre coach IA, mis à jour avec les recommandations spécifiques au référentiel 2026
- La génération du dossier d'audit conforme aux nouvelles exigences documentaires
Si vous êtes déjà utilisateur de Pestooo, votre tableau de bord a été automatiquement mis à jour. Vous pouvez visualiser votre score de conformité 2026 et identifier immédiatement les actions à mener.
Si vous n'êtes pas encore utilisateur, c'est le moment idéal pour créer votre compte et découvrir nos formules adaptées à votre établissement. Le changement de référentiel est l'occasion de prendre un nouveau départ structuré.
Conclusion
Le référentiel Clé Verte 2026 élève significativement le niveau d'exigence, en cohérence avec l'accélération de la transition écologique dans le secteur touristique. Les principaux changements portent sur la quantification (seuils de consommation, suivi mensuel, mesure du gaspillage), la biodiversité (inventaire, zéro pesticide) et la suppression effective des plastiques à usage unique.
Ces évolutions ne doivent pas être perçues comme des contraintes supplémentaires, mais comme une opportunité de structurer et d'améliorer votre gestion environnementale. Les établissements qui anticipent ces changements seront mieux positionnés face à une clientèle de plus en plus exigeante et à un cadre réglementaire qui ne cessera de se renforcer.
Le plus important est de ne pas attendre. Lancez votre diagnostic sur le référentiel 2026 dès maintenant et identifiez vos priorités d'action. Avec la bonne méthode et les bons outils, la conformité est à portée de main.