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Réglementation

Directive CSRD : le reporting durabilité arrive en hôtellerie

La directive européenne CSRD impose un reporting extra-financier aux entreprises, y compris dans l'hôtellerie. Calendrier, obligations, lien avec la Clef Verte et étapes de préparation pour les hébergements touristiques.

Gaëtan Wittebolle21 avril 202610 min de lecture

En bref : La directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) transforme le reporting extra-financier en obligation structurée pour un nombre croissant d'entreprises. Depuis 2025, les grandes entreprises publient leur premier rapport selon les normes ESRS. D'ici 2028-2029, les PME cotées seront concernées, et les effets indirects touchent déjà les petites structures via les exigences de leurs donneurs d'ordre et partenaires. Pour l'hôtellerie, le sujet est concret : les chaînes hôtelières sont directement visées, et les hôtels indépendants fournisseurs de groupes de tourisme le seront par ricochet. La bonne nouvelle, c'est que les données collectées dans le cadre d'une démarche Clef Verte - consommations d'eau, d'énergie, gestion des déchets, politique environnementale - recoupent largement les indicateurs exigés par la CSRD. Anticiper cette convergence, c'est transformer une contrainte réglementaire en avantage compétitif.

Le monde de l'hôtellerie a longtemps considéré le reporting extra-financier comme un sujet réservé aux multinationales et aux grands groupes. La directive CSRD change la donne. Son périmètre s'élargit progressivement, et même les établissements qui ne sont pas directement soumis à la directive ressentent déjà ses effets indirects. Comprendre ce qui se prépare, c'est se donner le temps de s'adapter sans précipitation.

Qu'est-ce que la directive CSRD ?

La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) est une directive européenne adoptée en décembre 2022 qui remplace et élargit considérablement l'ancienne directive NFRD (Non-Financial Reporting Directive). Son objectif : imposer un reporting de durabilité standardisé, audité et comparable à l'échelle européenne.

Concrètement, les entreprises concernées doivent publier un rapport détaillé couvrant trois dimensions :

Environnement (E) : émissions de gaz à effet de serre (scopes 1, 2 et 3), consommation d'énergie et d'eau, gestion des déchets, biodiversité, économie circulaire, pollution.

Social (S) : conditions de travail, santé et sécurité, diversité, égalité, droits humains dans la chaîne de valeur.

Gouvernance (G) : éthique des affaires, gestion des risques, rémunération des dirigeants, lutte contre la corruption.

Le rapport doit suivre les normes européennes ESRS (European Sustainability Reporting Standards), développées par l'EFRAG (European Financial Reporting Advisory Group). Il est soumis à un audit par un tiers indépendant, au même titre que les comptes financiers. C'est un changement de paradigme : le reporting extra-financier acquiert le même statut juridique que le reporting financier.

Ce que la CSRD change par rapport à la NFRD

L'ancienne directive NFRD, en vigueur depuis 2017, concernait environ 11 000 entreprises en Europe. La CSRD élargit ce périmètre à environ 50 000 entreprises. Mais au-delà du nombre, c'est la profondeur du reporting qui change radicalement.

AspectNFRD (ancienne directive)CSRD (nouvelle directive)
Entreprises concernées en UEEnviron 11 000Environ 50 000
Normes de reportingLibres (GRI, CDP, etc.)Obligatoires (ESRS)
Audit externeFacultatifObligatoire
FormatLibreNumérique standardisé (XHTML)
Chaîne de valeurNon requiseObligatoire (scope 3)
Analyse de matérialitéLimitéeDouble matérialité obligatoire

Qui est concerné et selon quel calendrier ?

La CSRD s'applique de manière progressive. Voici le calendrier tel qu'il est défini par la transposition française (ordonnance du 6 décembre 2023, publiée au Journal officiel).

Calendrier d'application de la CSRD

VagueEntreprises concernéesPremier rapportDonnées couvertes
Vague 1 (2025)Grandes entreprises déjà soumises à la NFRD (plus de 500 salariés)2025Exercice 2024
Vague 2 (2026)Grandes entreprises hors NFRD (2 des 3 critères : plus de 250 salariés, plus de 50 M EUR CA, plus de 25 M EUR bilan)2026Exercice 2025
Vague 3 (2027-2028)PME cotées (plus de 10 salariés et cotées en bourse)2027-2028Exercice 2026-2027
Extension futurePME non cotées via chaîne de valeurÀ déterminerÀ déterminer

Pour l'hôtellerie, cela signifie concrètement :

  • Les grands groupes hôteliers (Accor, Marriott, IHG, etc.) sont concernés dès la vague 1 ou 2. Ils publient déjà leur rapport ou sont en train de le préparer.
  • Les chaînes hôtelières de taille intermédiaire entrent dans le périmètre en vague 2 ou 3 selon leur statut juridique et leur taille.
  • Les hôtels indépendants ne sont pas directement visés par la CSRD dans l'immédiat. Mais attention : l'effet de cascade est réel et concerne déjà de nombreux établissements.

Pourquoi les hôtels indépendants sont-ils concernés indirectement ?

Même si votre hôtel ne remplit pas les critères de taille pour être directement soumis à la CSRD, vous pouvez être touché de plusieurs manières.

L'effet chaîne de valeur

La CSRD exige des entreprises soumises qu'elles reportent non seulement sur leurs propres opérations, mais aussi sur l'ensemble de leur chaîne de valeur (scope 3). Si vous travaillez avec un tour-opérateur, une OTA (Online Travel Agency) ou un groupe de tourisme soumis à la CSRD, celui-ci peut vous demander de fournir des données sur vos consommations d'énergie, d'eau, vos émissions de CO2 et votre politique RSE.

Exemple concret : un tour-opérateur français de plus de 250 salariés doit reporter ses émissions scope 3, qui incluent les nuits d'hôtel qu'il commercialise. Il va donc demander à chaque hôtel partenaire de lui fournir les émissions de CO2 par nuitée. L'hôtel qui ne peut pas répondre risque de perdre le partenariat au profit d'un concurrent capable de fournir ces données.

Les appels d'offres publics et privés

Les marchés publics intègrent de plus en plus de critères RSE dans leurs cahiers des charges. Le tourisme d'affaires (séminaires, congrès, voyages d'entreprise) est directement concerné : les entreprises soumises à la CSRD privilégient les fournisseurs capables de documenter leur performance environnementale. Avoir une certification comme la Clef Verte devient un avantage concurrentiel tangible dans les réponses aux appels d'offres.

Les attentes des investisseurs et des banques

Le secteur financier intègre les critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance) dans ses décisions de financement. Un hôtel qui sollicite un prêt pour des travaux de rénovation aura plus de chances d'obtenir des conditions favorables s'il peut démontrer une démarche environnementale structurée et documentée. La taxonomie européenne renforce cette tendance en classifiant les activités économiques selon leur contribution aux objectifs environnementaux.

Les plateformes de réservation

Booking.com, Expedia et Airbnb développent leurs propres programmes de durabilité et demandent de plus en plus de données environnementales à leurs partenaires hébergeurs. Un hôtel qui ne peut pas renseigner ses consommations ou afficher un label reconnu perd en visibilité sur ces plateformes.

Quels indicateurs la CSRD exige-t-elle en matière environnementale ?

Les normes ESRS définissent une liste précise d'indicateurs environnementaux. Voici les principaux qui concernent l'hôtellerie.

Indicateurs environnementaux ESRS applicables à l'hôtellerie

Thématique ESRSIndicateurs clefsPertinence hôtellerie
Changement climatique (E1)Émissions GES scopes 1, 2, 3 ; consommation d'énergie par source ; objectifs de réductionTrès élevée
Pollution (E2)Rejets dans l'eau, dans l'air, dans le sol ; substances préoccupantesMoyenne (produits d'entretien, piscine)
Eau et ressources marines (E3)Consommation d'eau, prélèvements, rejets, stress hydriqueÉlevée
Biodiversité et écosystèmes (E4)Impact sur la biodiversité locale, utilisation des solsMoyenne à élevée (espaces verts, localisation)
Économie circulaire (E5)Production de déchets, taux de tri, réutilisation, recyclageÉlevée

Focus sur les émissions de gaz à effet de serre

La CSRD distingue trois périmètres d'émissions (les « scopes ») :

Scope 1 - Émissions directes : combustion de gaz, fioul, carburant des véhicules de l'établissement. Pour un hôtel chauffé au gaz, le scope 1 représente la combustion du gaz dans la chaudière.

Scope 2 - Émissions indirectes liées à l'énergie : électricité et chaleur achetées. Pour un hôtel, c'est principalement la consommation d'électricité multipliée par le facteur d'émission du mix électrique national.

Scope 3 - Autres émissions indirectes : transport des clients, chaîne d'approvisionnement, déplacements des salariés, gestion des déchets. C'est le scope le plus complexe à calculer et le plus important en volume pour l'hôtellerie.

Pour comprendre comment calculer ces émissions, consultez notre guide sur le bilan carbone hôtel et le calcul de l'empreinte par nuitée.

Répartition typique des émissions en hôtellerie

Pour un hôtel 3 étoiles avec restaurant en France, la répartition des émissions est généralement la suivante :

ScopeSources principalesPart estimée des émissions totales
Scope 1Gaz naturel (chauffage, cuisine), fioul, réfrigérants15 - 25 %
Scope 2Électricité achetée5 - 15 %
Scope 3 amontAchats alimentaires, fournitures, services20 - 30 %
Scope 3 avalTransport des clients, gestion des déchets30 - 50 %

Le transport des clients est presque toujours le premier poste d'émissions en hôtellerie, surtout pour les établissements situés dans des zones touristiques éloignées des grandes villes. C'est un poste sur lequel l'hôtel a peu de prise directe, mais qu'il peut influencer en proposant des alternatives (navettes, partenariats avec les transports en commun, bornes de recharge pour véhicules électriques).

Comment la Clef Verte prépare-t-elle au reporting CSRD ?

C'est l'un des arguments les plus puissants en faveur de la démarche Clef Verte : les données que vous collectez pour obtenir et renouveler votre label sont en grande partie les mêmes que celles exigées par la CSRD.

Correspondance Clef Verte - CSRD

Catégorie Clef VerteDonnées collectéesNorme ESRS correspondante
Politique environnementaleObjectifs chiffrés, plan d'action, responsable désignéESRS 2 (gouvernance)
Gestion de l'énergieConsommation mensuelle par source (kWh), actions de réductionESRS E1 (changement climatique)
Gestion de l'eauConsommation mensuelle (m3), équipements économesESRS E3 (eau)
Gestion des déchetsVolumes par flux, taux de tri, gaspillage alimentaireESRS E5 (économie circulaire)
Achats responsablesPart des produits écolabellisés, circuits courtsESRS E5 + ESRS S (social)
BiodiversitéGestion des espaces verts, espèces locales, zéro pesticideESRS E4 (biodiversité)

En d'autres termes, un établissement certifié Clef Verte dispose déjà d'une base de données structurée qui couvre une part significative des exigences ESRS. Il ne part pas de zéro.

Quelles sont les différences entre Clef Verte et CSRD ?

Malgré les recoupements, les deux démarches ne sont pas identiques. Il est important de comprendre les écarts pour anticiper le travail complémentaire.

Périmètre : la Clef Verte se concentre sur les aspects environnementaux de l'exploitation. La CSRD couvre également le social (conditions de travail, diversité, droits humains) et la gouvernance (éthique, anti-corruption).

Formalisme : le dossier Clef Verte est un document interne validé par un auditeur. Le rapport CSRD est un document public, structuré selon les normes ESRS, audité par un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant, et publié au format numérique standardisé.

Granularité : la CSRD exige une granularité plus fine sur certains indicateurs, notamment les émissions de GES (distinction scope 1, 2 et 3) et l'analyse de double matérialité (identification des enjeux les plus importants pour l'entreprise et ses parties prenantes, dans les deux sens : impact de l'entreprise sur son environnement et impact de l'environnement sur l'entreprise).

Scope 3 : la Clef Verte ne demande pas explicitement le calcul des émissions scope 3 (transports des clients, chaîne d'approvisionnement). La CSRD l'exige pour les entreprises directement soumises.

Comparaison synthétique :

CritèreClef VerteCSRD
NatureVolontaire (label)Obligatoire (directive)
Public cibleTous les hébergementsEntreprises selon critères de taille
PérimètreEnvironnementESG complet
AuditTeragir (annuel)Commissaire aux comptes
PublicationInterne + logoRapport public numérique
Coût200 - 1 200 EUR/an5 000 - 50 000 EUR+ (selon taille)

Qu'est-ce que la double matérialité ?

C'est l'un des concepts centraux de la CSRD, et il mérite une explication. La « double matérialité » impose aux entreprises d'analyser les enjeux de durabilité sous deux angles :

Matérialité d'impact : quel est l'impact de votre activité sur l'environnement et la société ? Pour un hôtel, c'est par exemple la consommation d'eau dans une zone en stress hydrique, ou les émissions de CO2 liées au chauffage.

Matérialité financière : quel est l'impact des enjeux environnementaux et sociaux sur votre activité ? Pour un hôtel, c'est par exemple le risque de restrictions d'eau en été (impact sur le service), la hausse du prix de l'énergie (impact sur les marges), ou l'évolution des attentes des voyageurs (impact sur la demande).

Un enjeu est « matériel » s'il est significatif sous au moins l'un de ces deux angles. En hôtellerie, les enjeux suivants sont presque toujours matériels :

EnjeuMatérialité d'impactMatérialité financière
Énergie / climatÉmissions de GES, contribution au changement climatiqueCoût de l'énergie, risque réglementaire (taxe carbone)
EauPrélèvement sur une ressource sous pressionRestrictions d'eau, hausse du prix de l'eau
DéchetsPollution, saturation des déchargesCoût de la collecte, obligation de tri
BiodiversitéImpact sur les écosystèmes locauxAttractivité touristique de la destination
Conditions de travailBien-être des salariésTurnover, difficultés de recrutement

Cette analyse de double matérialité n'est pas exigée par la Clef Verte, mais elle est un excellent exercice stratégique pour tout établissement qui veut comprendre ses risques et ses opportunités liés à la durabilité.

Comment se préparer concrètement ?

Que vous soyez directement soumis à la CSRD ou que vous anticipiez les demandes de vos partenaires, voici les étapes de préparation recommandées.

Étape 1 : structurer la collecte de données

C'est la base. Si vous ne mesurez pas, vous ne pouvez pas reporter. Mettez en place un suivi mensuel de vos consommations d'eau, d'énergie (par source) et de déchets (par flux). La démarche Clef Verte vous impose déjà ce suivi - assurez-vous qu'il est rigoureux et documenté.

Conseil pratique : créez un tableau de suivi avec une ligne par mois et une colonne par indicateur (kWh électricité, kWh gaz, m3 eau, kg déchets par flux, nombre de nuitées). Ce tableau sera la base de tous vos reportings, qu'il s'agisse de la Clef Verte, de la CSRD ou des questionnaires de vos partenaires.

Étape 2 : réaliser un bilan carbone simplifié

Calculez vos émissions de gaz à effet de serre sur les scopes 1 (combustion directe : gaz, fioul) et 2 (électricité achetée). C'est l'indicateur phare de la CSRD. Les facteurs d'émission sont publiés par l'ADEME dans sa Base Carbone, accessible gratuitement.

Exemple de calcul simplifié :

  • Scope 1 : 50 000 kWh de gaz naturel x 0,227 kg CO2/kWh = 11 350 kg CO2
  • Scope 2 : 80 000 kWh d'électricité x 0,052 kg CO2/kWh (mix français) = 4 160 kg CO2
  • Total scopes 1+2 : 15 510 kg CO2 soit 15,5 tonnes de CO2
  • Pour 5 000 nuitées : 3,1 kg CO2 par nuitée (scopes 1+2)

Étape 3 : identifier votre analyse de matérialité

L'analyse de matérialité consiste à identifier les enjeux de durabilité les plus significatifs pour votre activité et vos parties prenantes (clients, salariés, fournisseurs, collectivité). En hôtellerie, les enjeux prioritaires sont généralement : l'énergie, l'eau, les déchets, les conditions de travail et l'ancrage territorial. Consultez vos parties prenantes (même de manière informelle) pour valider ces priorités.

Étape 4 : formaliser votre politique RSE

Rédigez un document qui décrit votre engagement, vos objectifs chiffrés, vos actions en cours et vos résultats. Si vous êtes certifié Clef Verte, vous avez déjà l'essentiel du contenu. Il s'agit de le structurer selon un format plus proche des normes ESRS.

Étape 5 : anticiper les demandes de vos partenaires

Si vous travaillez avec des chaînes hôtelières, des tour-opérateurs ou des plateformes de réservation, attendez-vous à recevoir des questionnaires RSE. Préparez un document de synthèse de vos indicateurs environnementaux que vous pourrez transmettre rapidement. Un document type pourrait contenir :

  • Votre certification Clef Verte (année et numéro)
  • Vos ratios de consommation par nuitée (énergie, eau, déchets)
  • Vos émissions de CO2 scopes 1 et 2
  • Les principales actions environnementales de l'année
  • Vos objectifs de réduction pour l'année suivante

Quel est le lien entre CSRD et affichage environnemental ?

La CSRD n'est pas la seule réglementation qui pousse l'hôtellerie vers la transparence environnementale. La loi Climat et Résilience prévoit l'instauration progressive d'un affichage environnemental pour les services, y compris l'hébergement touristique.

Ces deux dispositifs convergent : ils exigent des données fiables sur les consommations et les émissions, ils valorisent les démarches volontaires (comme la Clef Verte), et ils récompensent les établissements capables de prouver leur performance. Plutôt que de les voir comme des contraintes empilées, considérez-les comme les deux faces d'une même exigence de transparence.

Pour en savoir plus sur la démarche globale de certification, consultez notre guide complet pour obtenir la certification Clef Verte. Pour comprendre le détail des coûts et des aides disponibles, découvrez notre article sur le budget de la certification Clef Verte.

Ce que la CSRD change pour les OTA et les plateformes

Les grandes plateformes de réservation (Booking.com, Expedia, Airbnb) sont elles-mêmes soumises à la CSRD. Pour alimenter leur propre reporting scope 3, elles ont besoin des données environnementales de leurs hébergements partenaires. C'est pourquoi Booking.com a lancé son programme « Travel Sustainable » et pourquoi ces plateformes valorisent de plus en plus les labels environnementaux reconnus.

Un hôtel certifié Clef Verte apparaît avec un badge de durabilité sur ces plateformes, ce qui améliore sa visibilité auprès des voyageurs sensibles à ces questions. C'est un cercle vertueux : la CSRD pousse les plateformes à valoriser les hébergements responsables, ce qui incite les hôteliers à se certifier.

Les plateformes développent également leurs propres questionnaires environnementaux. Un établissement qui a structuré sa collecte de données dans le cadre de la Clef Verte peut répondre à ces questionnaires en quelques minutes, là où un établissement non structuré y consacrera plusieurs heures sans garantie de qualité des données.

Quelles sont les sanctions en cas de non-conformité ?

La CSRD n'est pas un engagement volontaire : c'est une obligation légale pour les entreprises qui entrent dans son périmètre. Les sanctions varient selon les États membres, mais la directive prévoit :

Pour les entreprises directement soumises :

  • Amendes administratives en cas de non-publication ou de publication non conforme du rapport de durabilité
  • Responsabilité des dirigeants : les administrateurs sont personnellement responsables de la véracité des informations publiées
  • Refus de certification des comptes annuels par le commissaire aux comptes si le rapport de durabilité n'est pas conforme

Pour les entreprises indirectement concernées :

  • Pas de sanctions directes, mais des conséquences commerciales réelles : perte de contrats, exclusion des appels d'offres, moindre accès au financement

La France a transposé la directive avec des amendes pouvant aller jusqu'à 75 000 euros et 5 ans d'emprisonnement en cas de fausses déclarations - les mêmes sanctions que pour les faux bilans comptables. C'est un signal fort sur le sérieux que les autorités accordent au reporting extra-financier.

Les erreurs à éviter dans la préparation

Attendre d'être directement soumis : si vous attendez que la CSRD s'applique à votre structure, vous aurez très peu de temps pour structurer la collecte de données. Les entreprises qui ont commencé à préparer leur reporting 2 à 3 ans à l'avance sont celles qui ont produit les meilleurs rapports.

Confondre greenwashing et reporting structuré : le rapport CSRD est audité. Les affirmations vagues (« nous sommes engagés dans une démarche responsable ») ne suffisent pas. Il faut des données chiffrées, des objectifs mesurables et des preuves documentées.

Sous-estimer le scope 3 : pour les entreprises soumises, le scope 3 représente souvent 70 à 90 % des émissions totales en hôtellerie (transport des clients, chaîne d'approvisionnement). Ne pas le calculer, c'est passer à côté de l'essentiel.

Travailler en silo : le reporting CSRD concerne l'environnement, le social et la gouvernance. Si seul le responsable environnement travaille sur le sujet, les volets social et gouvernance seront négligés. Impliquez la direction, les RH et la finance dès le départ.

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